Autorité de la concurrence: privilégier le déploiement de la fibre
Alors que 98,5 % de la population est éligible à l'ADSL, les disparités entre les débits offerts sont importantes. Avec une connexion de 512 Kbits, il n'est pas possible de bénéficier des services complémentaires comme la télévision. En effet, le principal inconvénient des technologies xDSL (dont l'ADSL) est que les débits dépendent de la longueur de la ligne. Plus la ligne est éloignée du central téléphonique (ou NRA), plus la transmission est difficile du fait des nombreux parasites naturels qui perturbent le signal...
C'est dans ce cadre qu'Orange (filiale de France Telecom) a effectué des études techniques dans le but d'offrir des débits plus conséquents aux foyers qui ne disposent que d'un accès internet "limité" (inférieur à 2 Mbits). Pour proposer des débits plus confortables et permettre les utilisateurs d'avoir accès aux services complémentaires, le premier fournisseur d'accès en France a émis l'hypothèse de construire de nouveaux sous-répartiteurs afin de réduire la distance qui sépare l'abonné du central téléphonique.
Cette solution qui pourrait ravir les foyers privés de la télévision fait grincer la concurrence. Les fournisseurs d'accès alternatifs tels que Free et SFR ont investi des sommes importantes afin de dégrouper les NRA de France Telecom. Si ce dernier met en place des sous-répartiteurs, la concurrence devra à nouveau mettre la main à la poche.
SFR n'a pas attendu très longtemps pour dénoncer ce nouveau schéma technique, qui permettrait à Orange de nouveau à être en position de monopole. La filiale de Vivendi a donc attaqué France Telecom devant l'Autorité de la concurrence fin 2009.
Relayée par Les Echos, l'Autorité de la concurrence a rendu sa décision la semaine dernière. L'institution publique privilégie le déploiement de la fibre optique. Selon le rapport, la création de sous-répartiteur ne doit se faire que dans des cas exceptionnels et dans les zones non dégroupables. L'Autorité recommande aux collectivités de "veiller à minimiser les risques de distorsion de concurrence, tant sur le marché des réseaux d’initiative publique que sur celui du haut débit". L'ARCEP établira les règles à respecter pour la mise en place de ces sous-répartiteurs.
